André Jules Bory



André Jules Bory (1717-1797), naît à Paris le 17 août 1717, paroisse de l'église Saint-Roch, dans le 1er arrondissement. Il est le fils de Charles Gabriel Bory, Grand Maître des Eaux et Forêts de la Généralité d'Orléans, et de dame Jeanne Flory de l'Essart [1].

Après des études au collège Mazarin (humanité et philosophie), âgé de 18 ans, il est admis en 1735 à l'Oratoire de la rue Saint-Honorée [2]. Il en ressort prêtre en avril 1757 [3]  et part enseigner à l'Oratoire de Niort cette même année. L'un de ses premiers élèves fut Jean-Joseph Mestadier, né en 1739 à la Foye, qui deviendra évêque constitutionnel des Deux Sèvres.

Fiche des archives de l'Oratoire se rapportant à Bory,
indiquant qu'il était pensionné à l'Oratoire pour une somme
de 400 livres par an, plus 200 pour ses études.

Cependant, après quelques années, Bory quitte cet établissement qui connaît alors une période de crise : passées les querelles qui opposèrent en son sein les partisans du jansénisme aux autorités ecclésiastiques de l'Oratoire (mouvement auquel il adhère), s'ajoute l'état de délabrement des bâtiments et des classes. En effet, le budget de l'Oratoire, qui dépend de la ville de Niort, est fortement diminué en raison des coûts générés par les conflits militaires sous Louis XV. 

En mai 1759, alors qu'il est toujours prêtre à l'Oratoire, il est parrain à Niort d'André Augustin Vien, futur maire de la Foye-Monjault [4]. C'est dans ce village que Bory est nommé curé, au mois d'août 1763, fonction qu'il gardera jusqu'à sa retraite. 

Bory fut connu pour la sévérité et l'austérité de son caractère, comme en témoigne l'écrivain Louis de Fontanes. Les parents de ce dernier l'avaient placé en pension à la Foye, de 1764 à 67, afin qu'il y fasse son éducation préparatoire. Il n'en fut pas moins un professeur efficace, puisqu'en 1768 Fontanes était à son tour reçu au collège de l'Oratoire.

En 1785, Bory évoque brièvement dans les registres paroissiaux l'affaire du meurtre de Pierre Arnault, dit Bernuchon, dans l'acte de décès de ce dernier. Durant la Révolution, il participe à l’assemblée municipale de la commune. Mestadier fait appel à lui en 1791, suivant sa nomination au poste d'évêque constitutionnel des Deux Sèvres. Il lui donne le titre de vicaire supérieur, mais Bory est alors trop âgé. Il ne reste pas à Saint-Maixent, où Mestadier a élu de siéger. Dès 1792, il est assisté d'un domestique, Louis Babin, qui fut en même temps celui du sacristain Pierre Géoffriau (peut être habitaient-ils ensemble). Il n'apparaît plus ensuite dans les registres que comme simple prêtre, et ce jusqu'en 1793.

Il décéde quatre ans plus tard à la Foye-Monjault, le 3 février 1797, à l'âge de 80 ans.









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Note généalogique
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Comme tous les curés de paroisse, Bory s'occupait des registres paroissiaux : il s'applique au départ, mais à partir de 1765-66 il prend l'habitude d'abréger de nombreux prénoms et de les réduire à des initiales. Il éprouvait visiblement de grosses difficultés à se remémorer les noms de ses paroissiens, même après plusieurs années en office, car il cite ainsi les témoins : « étaient présents le frère, la soeur, la tante, la mère, le cousin, etc. » d'untel, sans donner leurs noms (en décembre 1785, il relate le décès de la petite Marie ARNAULT comme étant la « fille du tisserand de Limouillas », en l'occurrence Pierre Isaac ARNAULT). Si avec Bory nous sommes loin des lacunes héritées des curés Macarthy et Ligault, il reste qu'il négligea lui aussi de rapporter un certain nombre d'actes. En témoignent dès 1782 ceux rajoutés verticalement dans la marge, ainsi que ceux reconstitués au début du XIXe siècle (comme pour le baptême de François BARREAU en 1782), ayant contraint les paroissiens à la recherche d'un certificat de baptême, de faire reparaître parrain, marraine et témoins devant les autorités. Bory s'absenta du 1er janvier au 3 avril 1774 (et fut temporairement remplacé à la rédaction des actes par Arnault, curé du Cormenier, Fournier, curé de Vallans, et Marchet, devenu entretemps curé de la Rochénard).


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Notes
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[1] À son décès, Charles Gabriel Bory portait aussi les titres de 
« Lieutenant du Roi de Franche-Comté, Commandant de l'Ordre de Notre-Dame de Montcarmel et de Saint-Lazare de Jerusalem ». Archives municipales de la Foye-Monjault et archives de l'Oratoire de Niort (Alain MISKOVIC).   [<-]

[2] Oratoire de Jésus-et-Marie-Immaculée, aujourd'hui Temple protestant de l'Oratoire du Louvre (depuis 1811). Bory y entre le 25 novembre 1735.   [<-]

[3] Prêtre « vêtu », comme l'indique sa fiche, le 25 novembre 1755. À Niort, il assista aux assemblées de l'Oratoire d'octobre 1758 et 1761. Celles-ci avaient également lieu à Paris et comportaient une réflexion globale du Supérieur Général sur l’état de la congrégation, les élections des différents représentants, visiteurs, archivistes etc…. Les assemblées de Niort devaient donc être des comptes rendus des députés aux membres de la maison : une revue des comptes de la congrégation, des réflexions sur le règlement, des rapports sur les maisons et des prises de décisions sur l’évolution à donner à la congrégation [Alain MISKOVIC].   [<-]

[4] Ce ne fut pas là sont seul rapport avec les maire de la commune, puisque Pierre BODIN, premier maire élu en 1790, servi auparavant comme sacristain de Bory, de 1763 à 1772.   [<-]